Y'a des jours comme ça.
Le reveil sonne. A chaque fois tu te dit la même chose. "Ce put*** de réveil, un de c'est quatre, il va faire son baptème de l'air et accidentellement heurter le mur."
Tu serais bien rester au chaud sous ta couette encore un peu, juste pour dire de profiter des quelques instants de chaleur que t'as dans la journée; Mais tu peux pas, alors tu te lèves en trainant les pieds.
Après être resté une heure sous la douche en pensant à la journée qui t'attendait, ta mère vient comme d'habitude taper à la porte de la salle de bain en disant que tu vas être en retard. T'arrêtes l'eau, et tu te sèches à deux à l'heure. Tu cherches des fringues à te mettre sur le dos dans ton armoire, et quand tu t'habilles devant le miroir, tu souffle en te disant que, plus les jours passent, plus t'es moche et grosse.
L'heure tourne et si tu continue tu vas vraiment être à la bourre, alors tu passes à la vitesse supérieure. Tu descends les escaliers tellement vite que tu manques de te casser la geule, tu te bois un thé vite fait, t'enfiles ton manteau, et t'ouvres la porte de la maison. A peine le bout du nez dehors :" Vivement ce soir que j'aille me coucher".
Les jambes lourdes, tu fais quelques pas, t'as l'impression qu'il fait moins quarante degrès. Puis tu te dis qu'avec un peu de chance, t'as peut-être des poils qui vont te pousser sur tous le corps en une fraction de seconde, et t'auras un peu plus chaud. Ou alors y'a peut-être un gas super con, qui va enfin se décider à inventer une combinaison-bouillotte exprès pour ceux comme toi, qui se les pellent le matin.
T'entres dans le métro et comme "t'as trop du bol", le type à côté de toi pue de la geule et parle tout seul. "Il faut de tout pour faire un monde. "Ouais ba un monde comme ça, ça craint". Alors tu prends ton MP3, t'écoutes une chanson des Killers et tu retiens ta respiration jusqu'a ce que t'arrives à la gare. Tu sors. Aucun poils ne t'es poussé sur le corps, et aucun gas n'a inventé de combinaison-bouillotte. Merde.
Avec juste le bout du nez qui dépasse de ton énorme écharpe rouge, tu traverses la route en regardant tes converses, -rouges elles aussi- tu sens plus le bout de tes pieds. Il est gelé. Puis tu te retrouves devant le lycée et tu penses : "Ca finira par aller mieux... Un jour"
Et ce soir, je souffle pas mes quinze bougies.